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Visites guidées

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ADRIENNE CLOSTRE ET ROBERT BISET

ADRIENNE CLOSTRE ET ROBERT BISET

Ancienne seigneurie où vécurent Adrienne Clostre, compositrice (1921-2006) et son mari Robert Biset, architecte (1924-2006).

Adrienne Clostre a été au Conservatoire de Paris l’élève d’Yves Nat pour le piano et de Darius Milhaud, Jean Rivier et Olivier Messiaen pour la composition.

Premier Grand Prix de Rome en composition en 1949. Grand Prix musical de la Ville de Paris en 1955. Prix Florence Gould en 1976 et Prix Musique de la SACD en 1987. Elle avait épousé en 1951, à la Villa Médicis à Rome, l’architecte Robert Biset, Premier Grand Prix de Rome en architecture, dont elle a eu deux filles.

Robert Biset, premier Grand prix de Rome en Architecture, pensionnaire de la Villa Médicis du 28 janvier 1950 au 30 avril 1953, était architecte urbaniste des villes d’Hyères, Saint-Tropez et Draguignan.

Il collaborera avec Lucien David jusque dans les années 1970. Ils réaliseront ensemble la ville nouvelle de Médéa en Algérie.


ATELIER DE PEINTURE DE JULIETTE ROCHE (1884-1980 ET DE SON MARI ALBERT GLEISES (1881-1953)

Albert Gleizes est né à Paris le 8 décembre 1881. Vers 1899 il entre comme apprenti chez son père qui dirige une entreprise de dessin industriel pour tissus d’ameublement dans le quartier du Sentier à Paris. Pendant son service militaire à Abbeville (Picardie) il commence à peindre en autodidacte. En 1905, il participe à la création d’une société d’éducation populaire, l’association « Ernest Renan ». (Écrivain français du XIXème siècle qui a écrit « Des origines du christianisme »).

De 1901 à 1908, il peint d’abord des paysages dans le style impressionniste de Sisley et Pissarro.

De 1906 à 1908, il forme avec des amis écrivains une petite colonie littéraire qui s’installe à Créteil au sud de Paris, sous le nom de « Abbaye de Créteil ». Il illustre quelques-unes de leurs œuvres. Après une pratique assidue du dessin, Albert Gleizes fait partie d’un groupe de jeunes peintres qui cherchent de nouveaux moyens d’expression. Cézanne leur montre une peinture de paysages moins exacte, et plus construite de l’image. Ces jeunes peintres font des recherches communes pour tenter d’exprimer le mouvement sur un plan à deux dimensions. Ils renoncent à la représentation de la perspective, découverte à la Renaissance. Cette peinture plus structurée composée de formes plus géométriques prend le nom de « cubisme » après le salon des indépendants de 1911 où ils exposent dans la même salle. Ces jeunes peintres sont Robert Delaunay, Metzinger, Gleizes, Braque, Fernand Léger, Picasso, entre autres.

En 1912, Gleizes et Metzinger publient « Du cubisme et des moyens de le comprendre » pour expliquer leur démarche. C’est par ses écrits autant que par ses œuvres qu’Albert Gleizes est considéré comme un des chefs de file de ce mouvement.

En 1914, au début de la guerre il est envoyé en garnison à Toul (Lorraine) chargé d’organiser des divertissements culturels pour les troupes.

En 1915, il épouse Juliette Roche, peintre elle-même et fille de Jules Roche, (Député de l’Ardèche puis ministre sous la troisième république). Réformé Albert Gleizes quitte la France avec son épouse pour aller à New York où il est saisi par le gigantisme des gratte-ciel, des ponts, du port. En 1916 à Barcelone il travaille avec Picabia. Après son retour à Paris, il constate que la première guerre mondiale a rompu la camaraderie entre les jeunes peintres des débuts de leurs expériences artistiques : chacun évoluant selon ses propres recherches.


HISTOIRE DES MAIRIES

C’est le 12 février 1790 qu’eut lieu l’établissement de la municipalité de Serrières à la chapelle de Notre-Dame de la Pitié. Georges Boissonnet, nommé maire fixe les premiers décrets dont , entre autres, celui-ci : « Article cinq : qu’il soit fait défense à tous marchands et commerçants, de quelle espèce de marchandises que ce puisse être, de tenir leurs boutiques ouvertes les jours de fêtes et dimanches, à peine de dix livres d’amende, néanmoins excepté ceux de comestibles »

22 mai 1841 : délibération en vue d’acquérir la maison Clauzel, afin d’y établir la maison d’école, la mairie, le presbytère, la salle d’audiences de la justice de paix et les prisons. L’emménagement dans les locaux sera effectif en 1885. Le cahier des charges précisait alors :
-  Le presbytère se situera dans la partie du midi.
-  Au milieu, au rez-de-chaussée, la salle d’école et cuisine de l’instituteur. Une partie du parterre servira de cour d’école. Au 1er étage, deux chambres pour l’instituteur, accessibles par l’escalier principal.
-  Dans la partie du milieu, au 1er étage seront la mairie, le cabinet des archives et la salle de justice de paix (qui deviendra fin du XXème siècle bureau du maire).
-  Dans la partie Nord, le logement du concierge, et les prisons pour qu’elles n’aient aucune communication avec le reste. Il sera aménagé une petite cour au levant, servant pour faire prendre l’air aux prisonniers…

Après étude d’éventuels déménagements et après 60 ans de discussions, en 2010, la mairie s’installe 15, rue Jean Vernet dans des locaux modernes et fonctionnels


ISIDORE CUMINAL

Isidore Cuminal est un homme politique français, journaliste, né le 28 octobre 1863 à Serrières, décédé le 15 septembre 1938 à Serrières.
Maire de Serrières, conseiller général (conseil qu’il présida de 1922 à 1927), il fut également sénateur de l’Ardèche du 11 janvier 1920, jusqu’à sa mort en 1938, sénat dont il fut vice-président.

Il fut également président du comité supérieur de l’enseignement technique et du conseil de perfectionnement des Arts et métiers. Il attira notamment l’attention du gouvernement sur l’enseignement technique industriel. Il fut également l’auteur de nombreux rapports traitant de l’instruction publique et la défense de l’enseignement technique.
Un monument lui a été érigé dans son village de Serrières, devant l’école publique.
Le nom d’Isidore Cuminal est indiscutablement lié à la création du musée des Mariniers. Isidore Cuminal fit don au musée, outre de fortes sommes d’argent, de nombreux legs d’objets et de meubles. Une action que Mmes Louise Marthouret, Louise Richard et Louise Sidbon ne cessèrent de préserver et d’enrichir.


JEAN-SIMON BOISSONNET (1811-1877)

LA MAISON DE L’HORLOGER DU ROI

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L’horloger Jean-Simon Boissonnet a fait son apprentissage en 1830 à Paris, chez un horloger qui avait travaillé pour le Roi, d’où l’origine de l’appellation « Maison de l’horloger du Roi ».
Mais on se souvient de lui également pour ses talents de pamphlétiste et de chansonnier. Bon vivant, il aimait réunir ses amis dans un petit cabanon qu’il possédait à la Garenne, un lieu-dit situé sous l’ancien château.
Toute sa vie, il n’eut de cesse d’honorer son village natal, à travers la bonne chère et les vignes des coteaux de Serrières. Il a laissé un nombre considérable de chansons et de poésies :

Chant à Serrières, couplet à propos de la fin du halage :

La matelote, chanson à propos d’un plat apprécié à l’époque :


JOSEPH ET ETIENNE DE MONTGOLFIER

« Très malade, alors qu’il revenait de Lyon, Étienne de Montgolfier dû s’arrêter à Serrières. Il fut hébergé par le citoyen Jean Vincent, pêcheur au dit St Sornin qui lui a préparé un lit dans lequel, malgré les soins du Dr Soulière, il trépassa dans la nuit ». Extrait du rapport de Louis Garde, juge de paix du canton de Serrières.

Joseph et Étienne de Montgolfier sont les enfants de Pierre de Montgolfier, papetier et d’Anne Duret. Ils sont issus d’une famille de 16 enfants.
Joseph de Montgolfier (1740-1810) est quelqu’un de très imaginatif rêveur, distrait, timide indépendant. Il s’occupe peu de ses leçons et préfère se livrer à des expériences et à la fabrication de machines. Puis il travaillera à la papeterie familiale.
Étienne de Montgolfier (1745-1799) est tout le contraire de son frère. C’est un scientifique qui mène à bien des études de sciences et d’architecture. Travailleur infatigable, calme et méthodique il dirigera la manufacture de papier de Vidalon.
Les deux frères se complètent. A Vidalon (Annonay) ils travaillent ensemble, l’un avec pragmatisme, l’autre avec pondération et méthode. Ils seront les inventeurs de la montgolfière. Un ballon à air chaud, grâce auquel a été réalisé en 1783 le premier vol d’un être humain.

C’est à Annonay, dans la 1ère cour du couvent des Cordeliers, qu’a eu lieu la première expérience officielle (envol d’un aérostat non monté, gonflé à l’air chaud) le 4 juin 1783 devant l’assemblée des Etats du Vivarais.


LA MAISON DE JULES ROCHE

Jules Roche (1841-1923), issu d’une ancienne famille Serrièroise est un homme politique né à St-Etienne. Il fut maire de Serrières, député du Var de 1881 à 1885, député de la Savoie de 1885 à 1898, député de l’Ardèche de 1898 à 1919, Ministre du Commerce, de l’Industrie et des Colonies du 17 mars 1890 au 8 mars 1892 et enfin, Ministre du Commerce et de l’Industrie du 8 mars 1892 au 6 décembre 1892.
Journaliste également, il fut, entre autres, rédacteur du journal L’Ardèche à partir de 1869, rédacteur en chef du Petit Parisien lors de sa création en 1876. C’est à son initiative, en 1888, que deux rangées de platanes furent plantées sur les quais nord et sud. Il sera également à l’origine de la construction du bas-port en 1889, et fondateur de la société de joutes enregistré en 1896.


LA MAISON DE LOUISE MARTHOURET

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Louise Marthouret (à gauche) aux côtés de Louise Sidbon et de Louise Richard.

Indissociable de l’histoire du musée des Mariniers, le souvenir de Louise Marthouret (1885-1970) reste en mémoire de nombreux Serrièrois. Un musée dont on lui doit la création et, dont elle fut l’inlassable gardienne dès 1939. Une vie au service de la mémoire des mariniers et de la batellerie qui lui permit de rassembler une collection unique de témoignages, de documents et d’objets. Sa personnalité, ses connaissances du monde marinier, mais aussi de chaque recoin de son village en avait fait une référence, tant pour les historiens du Rhône que pour les nombreux journalistes qui la sollicitaient régulièrement.


LA MAISON DU BAILLI

C’est dans le royaume de France que le bailli est apparu comme une figure essentielle de l’administration royale et, le bailliage, comme circonscription majeure de la France médiévale. Le bailli est en effet un personnage de haut rang, représentant le roi dans la plénitude de ses fonctions dans sa circonscription. Les baillis contrôlent l’activité des prévôts et tiennent des sessions judiciaires qui amorcent une juridiction royale d’appel. Le bailli est également un agent unique et polyvalent, établi par le roi, salarié, révocable à tout moment et soumis aux institutions centrales et aux enquêteurs royaux.

Jugé trop éloigné, le siège de la justice royale, jusqu’alors fixé à Boucieu-le Roi en 1291, fut transféré en 1564 à Annonay. Le baillage d’Annonay dont dépendait Serrières ressortait du Parlement de Toulouse. Le district du baillage d’Annonay était composé de 12 seigneuries bannerettes (baronnies) dont celle de Serrières dirigée par le Prince de Soubise. C’est en 1795, que fut fixé le tribunal d’assises à Privas et le tribunal de première instance à Tournon et Serrières.


LA PETITE BARONNIE

Jean-Marcel Héraut-Dumas (1920-1982) est né d’un père Lyonnais et d’une mère Serrièroise. Né à Grenoble, il fit ses études à Lyon, mais dès son plus jeune âge, il eut des dispositions pour le dessin. Il exposera ses œuvres à Paris, New-York et Amsterdam. Influencé par Albert Gleises dont il fut l’élève il cherchera longtemps son propre style pour se tourner vers le « vitalisme » une sorte de conciliation philosophique du matérialisme avec l’idéalisme.

C’est en 1967, qu’il viendra, avec son épouse Denise, s’installer définitivement à Serrières. La Petite Baronnie vient du nom du domaine où il résidait auparavant, dans l’Ain. Le produit de la vente lui permit alors de construire son atelier en forme de proue de bateau où il produira la plupart de ses œuvres. Le musée St-Pierre à Lyon conserve quelques-uns de ses tableaux. Il créera des vitraux pour l’église du Point du Jour à Lyon.
Son épouse, Denise Legrain, fut meilleure ouvrière de France en broderie.


LA PLACE DU TROMPH

Autrefois place du vieux village, la place du Tromph reste un témoignage au riche passé historique de Serrières. La place est bordée de maisons datant de la Renaissance XVI et XVII° siècles. Il existe deux versions à l’explication du mot « Tromph » : la première qui pourrait être une contraction de Triomphe en rapport avec la Croix érigée en 1599 pour célébrer la fin des guerres de religions ; la deuxième, peut-être plus plausible, serait que le mot Tromph provienne d’un mot de patois ancien, « Tronfo », qui signifie « La fontaine commune » en raison de la présence de nombreuses sources à cet endroit.
La croix surmonte un sarcophage romain dont il ne reste aujourd’hui que quelques traces.
Ci-dessous le texte d’une chanson du poète-chansonnier Jean-Simon Boissonnet écrite en 1871 :

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LA VISITE DU CARDINAL DE RICHELIEU

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Convoi de barques transportant le cardinal de Richelieu et son entourage.

Nous sommes en 1642 sous le règne de Louis XIII. Bien que déjà gravement malade, Armand Jean du Plessis, cardinal de Richelieu n’hésita pas à se rendre à Tarascon par la route de « Lyon à Beaucaire » pour conférer avec le roi du traité avec l’Espagne.

C’est au retour de ce voyage, le 1er septembre 1642, que Richelieu fit halte à Serrières à l’auberge appelée alors « Vincent de Seigle ». Rappelons que ce retour vers Paris, où il mourra quelques mois plus tard, le 4 décembre, fut l’occasion pour le cardinal d’assister, à Lyon, au procès des conspirateurs François de Thou et de Cinq-Mars qui auront la tête tranchée sur la place des Terreaux.

Tirées par un équipage de chevaux richement harnachés, trois grandes barques, luxueusement ornées remontaient le Rhône en direction de Lyon. La première barque est la plus luxueuse ; le plus habile des mariniers tient fièrement la barre. Armand Du Plessis, duc de Richelieu repose sur un lit à l’intérieur d’une chambre fabriquée pour l’occasion.

Afin de laisser rentrer le brancard porté par six hommes et, sur lequel reposait le Cardinal, on dut élargir une porte, laquelle devait à l’époque, se trouver côté rue Seive Buisset.

L’hôtel Vincent de Seigle prit par la suite le nom de « L’auberge du Chapeau Rouge », en mémoire de la célèbre coiffe de l’illustre visiteur, nom qu’il conserva jusqu’à la révolution. Une auberge qui se nomme aujourd’hui le « Bateau d’Emile ».
Un siècle plus tard, Mandrin, le célèbre « bandit bien-aimé » fit de nombreuses haltes dans cette auberge.


LE CLOCHER CARRE DE NOTRE DAME DE LA PITIÉ

Seul vestige de la chapelle de Notre-Dame de la Pitié, cet édifice est inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques depuis 1984.
Le premier lieu de Culte à Serrières fut dans le quartier de St Sornin une église consacrée à St Saturnin (qui fut Évêque de Toulouse) dès le XV° siècle.
Cependant, parallèlement, le château de Serrières nord possédait une chapelle et l’ouvrait aux habitants de ce quartier.

Cet état devait durer jusqu’au milieu du XVI° siècle, car lors des guerres de Religion le château, ainsi que cinquante maisons furent détruits.

Les habitants de Serrières nord refusant de se rendre au sud à l’église de St Sornin, il fut décidé, le 20 février 1619, de construire une chapelle au nord à côté de l’Hôtel Dieu, près du ruisseau Vergelas. On lui donna le vocable de Notre Dame de la Pitié.

La chapelle dépendant de l’archevêché de Vienne, devenue trop vétuste, trop bruyante à cause des flots du ruisseau, mais également du bruit des charrettes (La route Nîmes-Lyon passait alors à côté), fut utilisée malgré tout jusqu’à la Révolution.

Aujourd’hui désaffectée, il ne reste que la tour actuelle qui fut exhaussée en 1663 pour placer une lanterne destinée à recevoir une cloche et une horloge. La cloche refondue est actuellement visible dans le hall de l’hôpital. Il ne resterait plus, dans le clocher, que le mécanisme de l’horloge.


LE PORT DE SERRIERES

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Un couple de muletiers présenté au musée des Mariniers.

Un grand nombre de métiers étaient exclusivement liés au fleuve : pêcheurs, passeurs (conducteurs de bacs), radeliers (mariniers conduisant des radeaux de bois), crocheteurs (hommes chargeant et déchargeant les marchandises sur les quais), fustiers (charpentiers de marine), muletiers, contrebandiers et « pirates du Rhône » (pêcheurs clandestins). Son lit constitue un enjeu stratégique puisqu’il relie le bassin méditerranéen aux contrées du Nord desquelles descendent le bois, le charbon, la pierre, les céréales, les métaux, les toiles et draps. Du Sud remontent le sel, le vin, l’eau de vie, l’huile, les denrées coloniales.
Le gros du trafic se fait entre Arles et Lyon, car au-delà de ces deux villes le Rhône est difficilement navigable.

C’est ainsi que le port de Serrières devint aux XVII et XIX° siècles un carrefour économique grâce au dynamisme de sa batellerie, de ses foires et des échanges commerciaux avec le Forez en particulier.

Les muletiers étaient chargés de distribuer les marchandises arrivant dans les ports du Rhône et en ce qui nous concerne, au port de Serrières représenté aujourd’hui par le quartier de la place du Général de Gaulle, la rue du Cardinal de Richelieu et la rue Seive-Buisset. Nous sommes au XIX° siècle, avant l’arrivée du chemin de fer. Selon Albin Mazon, deux sortes de muletiers y exercent : ceux qui portent les vins du Bas-Vivarais et des bords du Rhône sur les plateaux auvergnats, et ceux qui portent la soie d’Aubenas à Saint-Étienne. Les premiers sont de loin les plus anciens et les plus nombreux. Ils livrent aux montagnards du Vivarais, du Velay et du Gévaudan le vin du Bas-Vivarais et du Rivage rhodanien dont les vignobles sont attestés dès le IX°siècle. Les muletiers montent également du sel, des fruits (châtaignes notamment), du sucre en pain, de l’huile et des épices ; ils redescendent du blé, de l’avoine, des légumes, du fromage et du miel. Mais encore : du bois, ainsi que d’autres matières premières, quoique plus rarement : cire, poix (colle), cuir brut, fourrures, laine, coton, chanvre, argent, fer brut, alun, charbon de pierre, charbon de bois, cendres. Des produits manufacturés sont également transportés à dos des mulets : verre, cordages, soie, drap, toile de lin, fer ouvragé, cuir ouvragé, outillage, poteries…..


LE QUARTIER DE LA FONDALIN

C’est au XVII° siècle que le nom de la Fondalin apparaît pour la première fois. Il désigne un terrain appartenant à Jean Duport. La topographie de l’époque faisait que St Sornin et Serrières étaient deux bourgs bien différents et séparés par des terres cultivées appelées les « Osches ». Il faut savoir qu’au XVII° siècle, seule existait ce que l’on appelait la route du Languedoc (Nîmes-Lyon) et que les lieux occupés aujourd’hui par la voie ferrée n’existaient pas et étaient composés de terres exploitables.

Le Compoix de 1656 indique que Jacques Boissonnet, habitant St-Sornin, possède deux fours à chaux, l’un situé à St-Sornin, l’autre sur un terrain situé rue des Osches*.

Ces fours produisaient une chaux grasse hydraulique qui a été utilisée, entre autres, dans la construction, comme aseptisant, comme par exemple pour le blanchiment des étables, mais aussi pour le traitement de la vigne. Et surtout, pour la construction de la N 86 au début du XIX° siècle. Le dernier four s’est arrêté en 1914.
On distingue deux types de fours à chaux :
-  Le four à combustion intermittente ou à longue flamme. C’est le four utilisé depuis l’antiquité et qui restera le seul type de four utilisé jusqu’au XVII° siècle.
-  Le four à combustion continue ou à courte flamme
Ce type de four, apparu au XVIII° se développera surtout au XVIII° et au XIX° siècle, permettant ainsi d’augmenter la productivité.

• Osches : terres labourables
• Hortz : petit jardin


LES ECURIES RELAIS DES EQUIPAGES

Dans l’enceinte de cette ancienne « Taverne des Mariniers », on trouvait le maréchal ferrand des équipages et sa forge.

La période du halage fut une période faste pour l’économie de Serrières. Berceau des maîtres d’équipages tels que, les Marthouret, Métral, les Cuminal qui avaient un si grand nombre de maîtres d’équipage qu’il fallait un surnom pour chacune de ces familles : Jean Cuminal, dit le « Le Grand Jean » et son frère Isidore, dit « Le Frisé ». Il y eut aussi un autre Isidore Cuminal dit « Le Grand Zidore », très célèbre dans le monde des mariniers tant par sa stature que par son intelligence On notera aussi François Cuminal, Baptiste Cuminal, Michel Cuminal et son frère Claudius, dit « Boileau ».

Marthouret, dit « Le Crâne » avait un équipage de plus de quatre-vingts chevaux ; Jean Marthouret, dit « Canotte », qui mourut subitement à la Roche-de-Glun, Pierre Marthouret, dit « La Guille » qui devint, après bien des déboires, capitaine du bateau à vapeur
« l’Aigle Six ».

Jean Boissonnet, dit « Drujon » possédait un équipage composé en grande partie de magnifiques bœufs du Dauphiné. Il produisit ensuite des saucisses pour l’armée sous le nom de « Saucisses Boissonnet » d’où, peut-être, le nom de « Boissonnet saucisse » que l’on retrouve dans quelques ouvrages.
Pour sa part, Sablons connut Joseph Cuminal, dit « Lacabère », Métral, dit « Jean la Miche ». Ce dernier possédait des écuries remarquables par leurs auges en pierre taillée de plus de huit mètres de longueur. On imagine aisément l’animation au sein des deux villages, lorsqu’un équipage arrivait en vue de Sablons, le tambour de ville et le crieur public parcouraient les rues pour l’annoncer à la populatio


L’ÉGLISE

L’église est construite en 1892 et édifiée à l’emplacement d’une ancienne chapelle de la « Confrérie des Pénitents ».
Bénie le 27 septembre 1703, elle fut en partie démolie lors de la construction de la voie ferrée. En 1878 et 1879, le chemin de fer fut construit (ligne Lyon – Nîmes), ensevelissant en partie l’église.

En 1890, un dimanche pendant les vêpres, une partie du toit s’effondra sur la tribune. M. le curé Lacombe s’attaque d’abord à la réparation du chœur (1892). Il sera terminé en 1893. On put alors construire les nefs, l’étage des cloches et la flèche en 1895 et 1896.
Suite à une détérioration de ses points d’ancrage, la flèche (croix) a été enlevée en avril 1991 et a été installée au milieu des vignes qui dominent Serrières au Nord (Croix des Vignes) le 21 mai 2000. Une nouvelle croix en profilés inoxydables l’a remplacée le 3 juillet 1991.
C’est sous le mandat de maire de M. Bardin, en 1876, que fut placée l’horloge du clocher par M.Besson, ouvrier de la maison Veyret de Lyon, et fabriquée par Jean Simon Boissonnet dit « horloger du Roi » (1811-1877).


L’HÔPITAL

On trouve des traces d’un l’hôpital, ou plutôt d’un hospice, en 1650, au sein du vieux quartier de Serrières. Mais, c’est en 1747, que sera émise une demande d’autorisation de fonder un hôpital. Il s’agissait alors d’acquérir une propriété appartenant à M. Jean-Marie Cellard « avec ses vignes, ses terres, près, maisons, jardins clos et d’une somme d’argent pour l’achat de plusieurs lits et autre ustensiles nécessaires ». Cependant, devant le mauvais état des locaux, l’hôpital intégra alors le bureau de bienfaisance.

Le bureau de bienfaisance n’existait officiellement que depuis l’An XI, mais en 1697 il existait déjà un syndic des pauvres. Au XVIII° siècle, on instituera « Le bouillon des Pauvres » tant la misère était grande.

C’est en 1873 qu’un décret présidentiel marquait l’installation définitive de l’hôpital à l’endroit actuel, dans des bâtiments donnés au bureau de bienfaisance en 1869 par Lucile de Linage, veuve Honoré Justinien Tournus.

En 1914, l’hôpital sera réquisitionné pour les soins des militaires blessés.
Jusqu’en 1970, la direction de l’hôpital sera confiée aux religieuses. En 1985 l’hôpital deviendra une maison de retraite et en 1996, un hôpital local avec 69 lits pour les personnes âgées et 34 pour les SSR (Soins de Suite et de Rééducation).