Serrières

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Histoire de Serrières

L’ancien nom, d’origines latine et celtique, de Serrières, est « Castrum Sarerie » : « castrum » pour « château » et « sarerie » pour « resserré ». En effet, une grande partie des habitations serrièroises se situe entre la colline et le fleuve Rhône. Le village se trouve en Ardèche Nord ou anciennement « Vivarais », autrefois peuplé par les Helvii, premier peuple de Gaule soumis à l’empire romain. D’ailleurs, on a découvert, à quelques kilomètres de Serrières et dans un des deux cas, dans le quartier de Brèze (commune de Limony), une amphore romaine pleine de pièces d’or à l’effigie d’empereurs romains, dont Constantin Ier (4ème siècle).
Une partie de la commune, aujourd’hui quartier, s’est aussi appelée, plus récemment, saint Sornin de Serrières, en référence à Saint-Saturnin, premier évêque de Toulouse (le Vivarais appartenait sous l’ancien régime à la province de Languedoc, dont la limite septentrionale était le ruisseau de Limony, à une dizaine de kilomètres au nord de Serrières).

La famine et les épidémies ont frappé durement Serrières, 48 fois entre 970 et 1040 ! La peste a aussi été de la partie au 14ème siècle.

La suzeraineté passe aux Roussillon, famille originaire de princes d’Alsace, à la fin du 11ème siècle, au moment où l’empereur Lothaire confie le gouvernement de la Provence, du Lyonnais et du Viennois à Girard, comte de Roussillon. La famille des Roussillon n’a reconnu la monarchie française qu’au début du 15ème siècle. La seigneurie arrive dans les mains des Tournon au 15ème siècle, la famille Roussillon étant sans héritier : elle y reste jusqu’à Guillaume V, seigneur de Tournon et de Serrières. Son fils, Charles, se marie à Marie de Gaucourt en 1456. Laissée veuve, elle devient donc propriétaire du domaine de Serrières à titre douairière.

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Dans le quartier du Tromph, à Serrières, on trouve la Tour des pénitents, vestige de l’ancienne chapelle Notre-Dame de la Pitié, construite en 1619 et 1663. Il a également existé un château, probablement détruit en 1575 pendant les guerres de religion après être passé successivement entre les mains des protestants et des catholiques. Serrières a appartenu aux Ventadour : la fille de Charles de Lévis de Ventadour (duc, marquis d’Annonay), Anne-Geneviève, épouse en secondes noces Hercule Meriadec de Rohan, duc de Rohan-Rohan et prince de Soubise (les Rohan étant une illustre famille bretonne). Une petite anecdote : le cardinal Richelieu a passé une nuit à Serrières, a priori dans une auberge qui a pris par la suite le nom d’ « auberge du chapeau rouge » en sa mémoire : aujourd’hui, c’est le restaurant « Le Bateau d’Emile » ! La famine et la peste ont tué les trois quarts des habitants de Serrières entre 1585 et 1587. Le Rhône est tellement gelé lors de l’hiver 1766 que de lourdes charrettes peuvent le traverser !

La municipalité de Serrières a été créée le 12 février 1790 : Georges Boissonnet en est le premier maire. En 1793, la commune porte le nom révolutionnaire de « Port-du-Mézenc ».
L’industrie serrièroise a compté :
des fours à chaux, qui ont fourni le liant nécessaire à l’industrialisation d’Annonay ;
la chapellerie : trois fabriques de chapeaux, 100 ouvriers, exportation ;
la distillerie ;
le tissage de soieries : en 1760, deux fabriques employaient déjà 300 ouvriers, puis en 1866-67 : deux fabriques et 185 ouvriers.

- Une histoire d’eau…

Serrières a littéralement eu des dynasties de mariniers et de maîtres d’équipage : les Cuminal, Marthouret, Gauthier, Métral, etc. Toute une population marinière vivait à l’écart des « gens d’à terre », avec ses quartiers, ses coutumes, ses fêtes… Un grand nombre de métiers étaient exclusivement liés au fleuve : pêcheurs, passeurs (conducteurs de bacs), radeliers (mariniers conduisant des radeaux de bois), crocheteurs (hommes chargeant et déchargeant les marchandises sur les quais), fustiers (charpentiers de marine), muletiers, contrebandiers et « pirates du Rhône » (pêcheurs clandestins). Le courant du Rhône varie, ses crues sont nombreuses et son courant vif. Son lit, orienté Nord/Sud, constitue un enjeu stratégique puisqu’il relie le bassin méditerranéen aux contrées du Nord, desquelles descendent le bois, le charbon, la pierre, les céréales, les métaux, les toiles et draps. Du Sud remontent le sel, le vin, l’eau de vie, l’huile, les denrées coloniales. Le gros du trafic se fait entre Arles et Lyon, car au-delà de ces deux villes, le Rhône est difficilement navigable. La remonte du fleuve impose une puissance de traction bien supérieure à celle de tous les autres fleuves d’Europe. Jusqu’à la fin du 15ème siècle, le halage des barques se fait au col (les barques sont tirées par les hommes). Le cheval, et quelquefois le bœuf, n’a remplacé l’homme que vers 1460-1480. Le trafic augmente grandement au 19ème siècle et le halage connaît son apogée entre 1800 et 1830. A cette époque, il y a, sur le Rhône, plus de cent maîtres d’équipage, plus de 3000 barques et autant de mariniers ! Mais, en 1829, un des premiers bateaux à vapeur, le Pionnier, remonte d’Arles à Lyon en uniquement 95 heures de navigation soit une semaine de voyage, au lieu de 30 jours pour le halage. Cela signe la fin de la batellerie traditionnelle et la fin de la prospérité pour Serrières. La grande inondation de 1840 accélère sa disparition tout en provoquant des maladies qui déciment les chevaux. En 1851, le dernier équipage est mis en vente (c’est un équipage Cuminal).

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Le pont suspendu de Serrières a été inauguré en 1828 et mis en service le 20 août de cette année-là. En 1930, ce pont a été détruit pour être remplacé par un pont suspendu sans pile centrale pour faciliter la navigation. En 1933, le nouveau pont est ouvert au public.

Le pont que l’on peut admirer actuellement n’a été reconstruit qu’en 1951, (pendant six ans le bac à traille a repris du service !) et ouvert en 1951. Le pont suspendu de Serrières remplace le pont Marc Seguin, détruit pendant la Seconde Guerre Mondiale, par l’armée allemande en retraite.

- Situation de Serrières

Serrières, village « porte de l’Ardèche », se situe au carrefour de trois autres départements : l’Isère, la Loire et la Drôme. Nous faisons partie de la communauté de communes Vivarhône. Le village actuel résulte de la réunion, au Moyen Age, de deux bourgs : Serrières au nord, Saint-Sornin au sud. La façade sur le Rhône est constituée de bâtisses édifiées au cours des 19ème et 20ème siècles : l’activité commerciale et les principales voies de communication s’y trouvent.

Il y a deux quartiers principaux à Serrières : le quartier Saint-Sornin, autour du ruisseau de Moure et de l’ancienne église devenue musée ; le quartier du Tromph au Nord, qui est le bourg médiéval près du ruisseau Vergelas. Sur les hauteurs, se situent les ruines du château féodal.

Serrières est très bien desservie par le réseau routier : elle se trouve sur la RD86, qui relie Lyon à Valence et à proximité de l’A7, l’autoroute du soleil. Le village s’étend littéralement le long du fleuve, situation que l’on ne retrouve qu’à Tournon-sur-Rhône. Ses commerces principaux sont l’artisanat d’art, deux hôtels dont un Logis de France 2**, deux caves renommées (Boissonnet et Vallet) ainsi que quelques bonnes tables.

1141 habitants résident à Serrières, ce sont les Serrièrois.

- A boire et à manger…

A Serrières, on trouve des vins AOC (Appellation d’Origine Contrôlée) réputés : Saint-Joseph et Condrieu.

Et tous les vendredis matins, sur le quai Nord, un marché dynamique prend ses quartiers de 7 h 30 à 12 h 30.

(Crédits photos : Laurent Torgue, David Bille)

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