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Le Rhône

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Évolution du Rhône entre 1840 et 2000 dans la plaine alluviale de l’île de la Platière

Évolution du Rhône entre 1840 et 2000 dans la plaine alluviale de l’île de la Platière

La plaine alluviale a été façonnée par le Rhône qui lui-même a connu une évolution radicale durant les 150 dernières années. Autrefois, ce fleuve était marqué par une forte dynamique fluviale alternant entre les phases de méandrage et de tressage. Les îles incluses dans la réserve se sont formées à une époque récente (18e pour les plus anciennes : île de la Platière, île des Graviers), en liaison avec un modèle géomorphologique tressé.

Les premiers aménagements importants

C’est à la fin du 19ème siècle que les premiers aménagements du Rhône sont réalisés (aménagement Girardon) déterminant un chenal principal fixe, à des fins de navigation.

La mobilité latérale du lit est définitivement stoppée. Les îles évoluent (exhaussement par alluvionnement fin, boisement), de nouvelles îles se forment (îles de Limony, Ilon, îles du Noyé), les bras secondaires deviennent des « lônes ». Aujourd’hui, le régime hydrologique du Rhône au niveau de l’île de la Platière est composite. En effet, il est issu de la confluence entre le Haut Rhône au régime nival affirmé, et de la Saône à régime pluvial. Les crues jouent un rôle prépondérant dans l’hydrosystème, introduisant des contraintes (niveau d’eau, temps d’inondation…) auxquelles les communautés végétales ou animales doivent s’adapter. Les hautes eaux ont lieu davantage en saison froide avec un prolongement jusqu’en mai-juin, soulignant ce régime mixte. Les crues se produisent donc essentiellement en dehors de la période d’activité biologique de végétation. Elles sont généralement brèves et violentes. Les grandes crues du Rhône se produisent généralement en moyenne tous les 3 ans.

La construction du canal

L’aménagement CNR des années 70 constitue la deuxième phase de mutation du Rhône en cloisonnant la vallée en succession de retenues, tronçons court-circuités ou canaux.

Les conséquences ont été une modification profonde du fonctionnement hydraulique, hydrologique et géomorphologique. Aujourd’hui, le débit moyen du Rhône est de l’ordre de 1000m3/s ; le débit qui reste dans le vieux Rhône est de 10 à 20m3/S soit 1 à 2%, avec les conséquences qu’on imagine sur le milieu naturel et les espèces patrimoniales. Cependant, lorsque les débits du Rhône sont supérieurs à 1600 m3/s ou lors d’incident à l’usine écluse de Sablons, les débits non admissibles à l’usine sont délestés dans le vieux Rhône et engendrent d’importantes et brutales variations de niveaux. Cette situation se produit en moyenne entre 40 et 100 jours/an selon les années. Sur la décennie 1980-1990, le débit annuel moyen du vieux Rhône est de 189 m3/s, mais avec des variations considérablement accentuées. Les débits dans le vieux Rhône sont soit égaux au débit réservé, soit importants, une soixantaine de jours par an. La fréquence et le temps d’inondation de la plaine sont significativement diminués, non sans conséquence sur le fonctionnement des annexes hydrauliques, la nappe d’accompagnement, les habitats et les espèces.

Dans le cadre du Plan Rhône, des études ont été menées et ont conclu à un débit modulé de 54 à 125 m3 d’ici 2014, permettant de se rapprocher aux mieux des objectifs de restauration recherchés.